L’ACTU DE MARS ! « On Lâche Rien ! »

Ce premier trimestre 2018 est marqué par de fortes mobilisations dans des différentes professions ou entreprises dans le public comme dans le privé. À l’exemple des agents de l’Administration pénitentiaire, de l’Éducation nationale ou du personnel des EHPAD, ceux du commerce et bien d’autres, les questions de l’emploi, des conditions de travail et des salaires sont au cœur de ces actions. Toutes les générations sont concernées des lycéens aux retraités. Les nombreux témoignages entendus ces derniers jours, montrent de façon évidente les réalités d’un monde du travail en souffrance, de salariés non reconnus dans leur qualification et leur savoir faire,d’un manque de moyens humains et matériels.

Ces réalités d’un monde du travail se heurtent à chaque fois à une autre, celle de la logique financière et boursière. En 2O17,les profits réalisés à Ia bourse s’élèvent à 94 milliards d’euros. 82 % des richesses crées cette même année sont allées dans Ia poche des 7% les plus riches ! A l’image de ce cher Bernard Arnault, un premier de cordée qu’affectionne tant Macron, qui a engrangé en 2O17 l’équivalent d’un salaire horaire de 3 millions d’euros. Oui vous avez bien entendu !

C’est bien simple: quand le salaire moyen des Français augmente de 1,1% à l’année, les revenus de Bernard Arnault, eux, ont réalisé un bond de7!,5% ! Mais qu’il soit rassuré, avec la suppression de l’lSF, il va pouvoir encore mieux faire fructifier ses placements boursiers et advienne que pourra pour le ruissellement…

Quand le Gouvernement refuse de satisfaire les revendications des personnels pénitentiaires ou dans la santé, le Président de la République reçoit royalement les patrons des plus grandes entreprises mondiales dont la plupart ne payent pas d’impôt dans notre pays et continue de verser des aides aux entreprises, 150 milliards cumulés (comme le CICE), qui se retrouvent directement dans la poche des actionnaires sans aucune contrepartie.

Voici la réalité d’une politique gouvernementale qui s’engage résolument auprès de ceux qui ont le pouvoir financier au détriment de l’immense majorité du peuple dont 14% vit sous le seuil de  pauvreté (908€ par mois). Plus de 9 millions de français sont ainsi considérés comme pauvre et près de 4 millions sont mal logés dont près de 150 O0O sans-abri. Parmi ces derniers un sur quatre a pourtant un emploi. Quels tristes constats !

Malgré ces chiffres qui pourraient engendrer résignation et fatalisme, de nombreux salariés engrangent des victoires dans les mobilisations d’entreprises. Citons notamment une des plus récentes celle d’lntersnack, filiale de Vico, où les travailleurs ont obtenu 2% d’augmentation des salaires après 9 journées de lutte.

Dans le même temps, les services publics ne peuvent plus répondre aux besoins immenses des citoyens ceci par manque de moyens dû notamment aux restrictions budgétaires dictées par la politique d’austérité émanant de Bruxelles et imposées par les valets du libéralisme en France. Le projet du gouvernement « Action Publique 2022 » présenté en octobre 2017 affiche clairement une volonté de nouveaux abandons à l’image de la SNCF.

On éponge la dette aux frais du contribuable, on casse le statut de cheminot pour baisser les salaires et étouffer les capacités de résistance tout en cherchant le soutien de l’opinion publique manipulée par un matraquage médiatique aussi grotesque que violent puis on ferme les lignes les moins rentables (soit un quart du réseau) et on transforme la SNCF en Société Anonyme avant de privatiser le tout.

Un système de privatisation sur lequel souhaitent revenir portant de nombreux pays, comme la Grande-Bretagne, au regard des retards engendrés, des tarifs toujours plus élevés, de l’abandon de dessertes et de conditions de sécurité de plus en plus précaires.

Les français qui ne désirent pas voir leur système social détruit, la qualité des services du rail se dégrader, les prix des billets augmenter et leurs impôts servir à subventionner directement les dividendes des futurs opérateurs privés doivent faire bloc avec les cheminots tout en exprimant hauts et forts leurs revendications.

Un récent sondage montre un soutien massif, 87% des français interrogés, aux derniers mouvements sociaux dans l’administration pénitentiaire et dans les EHPAD. D’ailleurs, 64% de ces mêmes personnes considèrent que ces mobilisations pourraient se développer.

De leur côté, les retraité-e-s ont reçu leur pension du régime général et ont pu, pour 60 % d’entre eux constater la baisse « promise » par le président Macron mais il fallait comprendre la baisse du pouvoir d’achat. L’exonération de la taxe d’habitation elle, se déroulera sur 3 ans. Les retraités sont clairement les sacrifiés de la politique d’un président qui en même temps accorde de larges cadeaux aux plus riches.

Face à cette situation générant un mécontentement généralisé, la CGT propose d’agir autour de propositions concrètes pour améliorer le quotidien du monde du travail et la création de milliers d’emplois et un autre projet de société de progrès social.

– La réduction du temps de travail à 32 heures pour les salariés à temps plein et la fin des temps partiels imposés
– L’augmentation des salaires et des pensions, la reconnaissance des qualifications et l’égalité salariale et de carrière entre les femmes et les hommes.
– Des droits nouveaux et une véritable protection sociale pour tous.
– Des services publics partout et pour tous répondant aux besoins essentiels et non à la rentabilité financière.

Hier, dans la Fonction publique à l’appel de 9 organisations syndicales mais aussi dans le secteur de la santé et l’énergie ainsi que les cheminots. Ces actions de mobilisation doivent être l’occasion de faire converger public/privé, de rassembler tous les salariés, les retraités, les jeunes et privés d’emploi.

Partir des réalités et des besoins individuels doit se conjuguer avec une démarche collective. Sans globaliser les problèmes, faire converger ces luttes, partir des exigences du salariat, faire connaitre les propositions CGT, en s’appuyant sur ses repères revendicatifs, est une nécessité dans la période. Un autre avenir, porteur de progrès social, est possible si nous prenons nos affaires en mains. Il est indispensable d’élever le niveau des luttes et, pour ce faire, d’assurer largement la diffusion des propositions de la CGT et de ses repères revendicatifs pour contrer la pensée unique diffusée,via les médias, par les suppôts du capitalisme.

Concernant la formation professionnelle, en monétisant la formation par le biais du Compte Personnel de Formation, 500 €/ an,l’État donne les moyens au patronat de diriger des formations utilitaires et non pas des formations qui permettent l’épanouissement des salariés.

Les inégalités vont s’accentuer d’une part parce que le salarié va se retrouver seul face à ses choix de formation et qu’il devra souvent rajouter de l’argent pour pouvoir suivre celle dont il estimera avoir besoin par exemple pour son déroulé de carrière.

Je voudrais pour finir rappeler la lutte exemplaire que mènent, avec la CGT, les 161 travailleurs sans papiers pour obtenir leur régularisation et ce depuis 1 mois maintenant au niveau du Val-de-Marne. Ils sont dans l’action à Chevilly-Larue (Event Thaï) et à la Queue-En Brie (STLG). Les CERFA et les certificats de concordance nécessaires à la régularisation ont été obtenus assez rapidement mais depuis la situation s’enlise. Il est donc nécessaire de continuer à soutenir ces luttes tant en termes de présence avec les salariés concernés que financièrement.

 

Fraternellement
P.Bardou

 

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