Actu’ revendicative ! Retrouvez la brève mensuelle de l’union locale dans cet article !

Cher-e-s camarades,

Pour cette première CE de l’année je vous souhaite, plutôt je nous souhaite une belle année des combats et des luttes gagnantes.

L’année 2017 entrera dans l’histoire  du pays comme une année de déception sur le plan des luttes et une année noire sur le plan de la régression sociale. Car il est inutile de rappeler que toutes les politiques antisociales et les lois qui les accompagnent,  imposées par le président des riches,  nous ramènent au début du siècle dernier. On a vu se mettre en place un pouvoir élu par une minorité et au service de la minorité la plus riche du pays.

Nous avons déjà discuté longuement lors de nos précédentes réunions de la raison de nos échecs face à ce pouvoir, on pourrait encore en discuter pendant des heures.  Or je pense que cela ne va pas nous aider à avancer dans la préparation  de ripostes contre les attaques frontales d’un pouvoir brutal.

Nous devons plutôt discuter de comment s’organiser, d’abord pour résister efficacement  aux attaques et ensuite  faire reculer le pouvoir pour acquérir de nouveaux droits. Comment s’organiser dans les entreprises ? Comment créer un rapport de force avec l’ensemble des organisations progressistes ? Nous connaissons à présent les motivations du patronat épaulé par le pouvoir. Celui-ci  va pleinement profiter des lois faites sur mesure pour lui, afin de  mettre en place les plans de licenciement dont le seul but est d’augmenter les dividendes des actionnaires.

Les exemples les plus récents nous donnent un aperçu de ce qui va arriver de plus en plus dans les entreprises.

Les ordonnances Macron concernant «la rupture conventionnelle  collective» sont un permis de licencier sans contrainte pour l’employeur.

En 2012, le Patron de MEDEF de l’époque Laurence Parisot, disait dans un entretien «  Aujourd’hui, un plan de sauvegarde de l’emploi se déroule selon un processus compliqué, coûteux, anxiogène, du fait de son degré constant d’incertitude et ne facilite en rien l’adoption des entreprises. Il faut étendre la philosophie du refus du conflit, celle de la rupture conventionnelle, pacifier les relations, réduire les délais, sécuriser les licenciements ». Cette demande forte du MEDEF est en place aujourd’hui.

A peine publiée dans le journal officiel de 22 décembre que de nombreuses entreprises ont déjà fait part de leur intention d’avoir recours à la rupture conventionnelle collective(RCC).Pimkie, PSA, Carrefour ont déjà organisé des réunions de négociations visant à mettre en place ce dispositif. Ce n’est qu’un début !

En lisant dans un article publié par « Les échos , le journal bien informé par le MEDEF, on peut penser que le pire est devant nous! Je cite: « Pression de la concurrence, renouvellement de la gouvernance, changement de modèle … Dix grands champions nationaux vont vivre en 2018 une année de rupture (Carrefour, SNCF, SFR, Airbus, Vivendi, EDF, Safran, Renault..) »

En partant de ce constat, on peut dire que dans les jours et semaines à venir nous allons voir une sorte de tsunami des plans sociaux annoncés par ces différents groupes, en particulier dans le secteur du commerce et la grande distribution. Pour exemple :

Le PDG de Carrefour Alexandre Bompard a communiqué le 23 janvier son projet de régression sociale. Il a annoncé la suppression 2400 postes dans le siège avec des départs volontaires. Ce n’est qu’un enfumage d’opinion publique, car la CGT Carrefour a chiffré l’ensemble des mesures annoncés, au final ce plan concerne plus de 10000 suppression de postes. (Vous trouverez le chiffre comptabilisé par notre syndicat)

  • Les Galeries Lafayette annoncent un accord de cession de 22 magasins (qui toucherait mille salariés)
  • Chez Cora, un projet de disparition du service après-venteimpacterait 543 salariés.
  • Chez Conforama, un problème lié à des irrégularités fiscales de son actionnaire principal met presque 9000 salariés dans une incertitude pour leur avenir.

Les cas Pimkie et PSA nous apportent des éléments de réflexion et les méthodes de luttes à choisir pour saboter ces plans antisociaux.

Dans l’exemple de PIMKIE, après avoir annoncé la mise en place d’une RCC (Rupture Conventionnelle Collective) pour fermer plus d’une vingtaine de magasins et supprimer 2017 postes, la société a dû renoncer à son projet  faute de ne pas avoir la majorité syndicale nécessaire pour mettre en place le dispositif, grâce à la mobilisation de la CGT suivie par deux autres organisations.

En revanche chez PSA avec l’accord des syndicats accompagnateurs (FO, CFDT, CFTC) le plan RCC permet au groupe de supprimer plus de 2400 postes.

Des exemples sont nombreux, la période s’annonce très  préoccupante socialement.  Notre organisation doit être une référence pour les salariés dans ce moment de l’histoire. Il faut aller vers des mouvements plus offensifs, nous ne pouvons pas nous contenter de rester sur la défensive contre les attaques du camp d’en face mieux armé et  mieux organisé que nous.

Nous sommes obligés de créer les conditions nécessaires pour une transformation sociale car nous nous trouvons dans une période propice à cette transformation. Nous vivons un paradoxe.  La crise du capitalisme s’approfondit chaque jour un peu plus, les politiques d’austérité imposées par Bruxelles et appliquées par le pouvoir, sont de plus en plus injustes et antisociales, et la mobilisation contre celles-ci est au niveau le plus faible.

Tout cela  n’est pas une fatalité, il faut qu’on se réinterroge sur nos lignes politiques, nos stratégies et le mode d’organisation pour mettre en place des luttes et des combats plus efficaces,pour briser ce fatalisme social qui s’est installé après tant de mouvements et des journées d’actions peu mobilisateurs.

Nous devons à présent plutôt discuter de la manière pour se mobiliser et gagner du terrain. Comment faire ?

  • En allant chercher les salariés là où ils ne sont pas organisés. Nous devons les aider à s’organiser et si possible les faire venir dans notre organisation syndicale.
  • En accompagnant les syndiqués qui sont en difficulté dans leur boite, Nous avons un exemple concret à ce sujet, l’exemple des syndiqués de Monoprix peut nous donner des idées.

Je pense que le plus grand chantier devant nous c’est de  nouveau accentuer tous nos efforts de syndicalisation de terrain, permettant à notre organisation syndicale devenir le syndicat majoritaire dans la plupart des entreprises publiques et privées.

Avant de lancer la discussion je vous donne juste ce dernier exemple  pour montrer le lien entre un syndicalisme fort et le partage des richesses dans une société. Selon deux économistes de FMI (qui sont loin d’être des révolutionnaires) « Le déclin de la syndicalisation dans les pays industrialisés serait l’une des explications de la hausse des inégalités de revenus ». Et l’affaiblissement des syndicats réduit le pouvoir de négociation des salariés par rapport aux détenteurs du capital.  (L’article publié dans les échos le 08 mars 2015)

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